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Saxon

Le mauvais temps des chaufferettes

Aux Mayens-de-Saxon, à la ferme Le Rosé, nous rencontrons  Charly Kohli, agriculteur (producteur de l’eau-de-vie d’abricot, La montagnarde) né en 1941. Son entretien porte principalement sur ses souvenirs en rapport avec la conserverie de la Doxa où son père était compotier, c’est-à-dire celui qui gérait les différentes recettes de confitures et de conserves. Puis il nous relate ses propres expériences avec les chaufferettes :

« Pour lutter contre le gel, il y avait des chaufferettes. Moi, je me souviens quand j’ai fait 15 jours d’affilées toute la nuit à veiller, fallait allumer ces chaufferettes. On avait des arrosoirs avec du mazout et on passait pour faire le plein. Le matin, le ciel était noir et même dans les maisons, si on se mouchait, il y avait de la suie qui sortait. Je me souviens à 20 ans, à l’école de recrue aux Follatères (Fully), le commandant de compagnie a demandé au garde quel temps il faisait pour savoir s’il allait pleuvoir ou pas. Et puis, le gars c’était un de Zürich, il a dit qu’il fallait mettre les pèlerines,’ il va pleuvoir, il fait noir !’. C’était la suie, c’était assez terrible. […] Mon père me disait que le Sana valaisan avait téléphoné une fois ou deux à cause des chaufferettes, car ces vapeurs de fumées montaient jusqu’à Montana et les gens qui étaient malades des poumons avaient des problèmes. C’est clair que le mazout s’écoulait (ce n’était pas du mazout raffiné, il était noir) c’était une pollution. […] Avec le recul, on se pose la question si on a sauvé beaucoup de récoltes. Et puis ça coûtait cher. »

Interview: Jeanne Carruzzo et Mélanie Hugon-Duc 2008.

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